La FIFA a organisé une réunion de crise au Maroc afin de réaffirmer la solidarité de ses directeurs, suite à une période de turbulences. Cette rencontre visait à reprendre l’initiative après l’échec d’un projet d’ouverture de l’instance à des investisseurs privés. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a vu la direction de l’organisation réitérer son soutien, tout en présentant des excuses concernant la controverse générée par ce projet.
Malgré cette démonstration de soutien, des fractures internes persistent. Des personnalités importantes, telles que Kevin Lamour, numéro 3 de l’instance, et Arsène Wenger, n’étaient pas présentes à la réunion. Le secrétaire général de la FIFA, le Suédois Mattias Grafström, et plusieurs membres du comité directeur ont exprimé leur plein soutien au président. M. Infantino et M. Grafström ont été vus ensemble lors d’un match de la CAN féminine opposant le Malawi à la Zambie, qui s’est terminé sur un score de 1-2.
Réactions des confédérations
Les confédérations de football ont réagi différemment à la situation. L’UEFA a maintenu sa menace de boycott des compétitions de la FIFA, malgré l’abandon officiel du projet controversé. L’instance européenne, forte de 55 membres, a déclaré avoir perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino. Elle exige des assurances pour éviter de futures tentatives de défigurer le football.
Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, bénéficie du soutien de l’Association européenne des clubs (EFC), présidée par Nasser al-Khelaïfi. Plusieurs fédérations européennes, dont la Finlande, la Serbie, la Suède, le Pays de Galles et le Danemark, ont déjà annoncé ne pas soutenir M. Infantino pour l’élection de mars 2027. La Fédération anglaise aurait également retiré son soutien.
La Concacaf, qui regroupe 35 fédérations d’Amérique du Nord et des Caraïbes, a également critiqué le projet de privatisation, exprimant des inquiétudes quant à l’absence de procédure régulière. Elle a réclamé une remise à plat complète de la gouvernance de la FIFA, soulignant des actions menées sans transparence ni consultation. Le président canadien de la Concacaf, Victor Montagliani, est mentionné comme un potentiel rival de M. Infantino pour la prochaine élection.
En revanche, la Confédération africaine (CAF), avec ses 54 membres, a réaffirmé à l’unanimité son soutien à Gianni Infantino. La CAF a salué les excuses du président de la FIFA, tout en insistant sur l’importance de la gouvernance, des procédures régulières et de la transparence. Le continent africain est un bénéficiaire des programmes de développement du football de la FIFA, qui a reversé environ 1,28 milliard de dollars à la CAF depuis l’élection de M. Infantino en 2016. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a remercié M. Infantino pour son appui au football africain.
La Confédération asiatique (AFC), composée de 46 membres, n’a pas pris de position claire contre M. Infantino. Elle a cependant souligné les faiblesses des processus de consultation et de prise de décision de la FIFA, appelant à une révision urgente de son cadre de gouvernance. Des fédérations comme celles du Qatar et de la Mongolie ont exprimé leur soutien à M. Infantino. Le prince Ali ben Al Hussein, président de la fédération jordanienne, a quant à lui critiqué M. Infantino. La fédération saoudienne n’a pas encore pris position officielle.
La Conmebol, fédération sud-américaine avec 10 membres, a exprimé sa préoccupation face aux actions unilatérales répétées de la FIFA. Le président de la fédération brésilienne, Samir Xaud, s’est déclaré «un peu contre» le projet abandonné. La Confédération océanienne de football (OFC), avec onze membres, a invité ses affiliés à étudier le projet et à participer au processus de consultation, mais n’a pas réagi depuis son annulation.
Ces développements interviennent alors que Gianni Infantino, président de la FIFA depuis 2016, est le seul candidat déclaré pour sa réélection prévue en mars 2027.
Source: lequipe.fr